Un étrange lien unit les sombres mystères de la Sainte Victoire aux tragiques plaines sur lesquelles ont été construit la zone industrielle des Milles. En ces lieux de terreur rode règne une athmosphère d'angoisse particulièrement sensible quand la nuit est tombée.
Nul être vivant n'ose plus s'y promener. Seules quelques voitures
parcourrent attivement les rues désertes. Même les
escaladeurs profitant des blocs atificiels de la salle Grimper
préfèrent parfois attendre le lendemain pour oser
circuler. Sinon ils devront précipiter leur véhicule vers
les issues de la zone pour tenter de regagner leur domicile soit
à Marseille en s'approchant de la prison de Luynes soit pire
à Aix en passant à proximité du Centre. Ce n'est en
tous cas qu'avec une certaine anxiété qu'ils pourront
regagner des lieux moins chargés de terreur. Quelques rares
personnes ignorant tout de la situation vont parcourir les rues ignorant
tout des dangers encourus, mais ils se demanderont pourquoi leur
poitrine tend à vouloir si fortement compresser leur coeur et
d'où vient cette angoisse qui crispe le bas de leur nuque.
D'autres préfèreront sagement déguster un camenbert
farci de miel cuit à l'ettoufé en l'accompagnant de
diverses boissons et substances pour en rehausser le gout
déjà accentué. Et si ils ne sont entourés
que de gens de confiance peut-être évoqueront-ils le Centre.
Le Centre était essentiellement un lieu de travail
consacré à l'élaboration de logiciels. Sa
construction, malgré les avertissements proférés
par d'anciens aixois parfaitement au fait des véritables arcanes
de la ville, se fit sur les plaines de l'Arc à l'Ouest d'Aix. De
plus le batiment fut construit sous la forme de 3 ailes dont 2
réunies à angle droit. Ceci ne va évidement pas une
funeste référence aux angles perdus de la Sainte. Personne
ne sait si la forme de cet assemblage fut réalisée
volontairement ou inconsciemment. Mais tout ceci aurait sans doute
été sans conséquence si le personnel n'avait pas
été emmené à travailler la nuit.
Du moins le suppose-t-on.
Car en fait personne ne sait ce qui s'est passé exactement ni
même quand. Le fait fut entourée d'une telle
discrétion que certains des travailleurs travaillant à
proximité ignorent tout de ce qui advint. Certains parait il ne
sont même pas au courant. Simple hypocrisie? Peur d'attirer des
présences maléfiques? Les seuls évoquant
l'évenement disent tous ne pas vraiment savoir. Le personnel
même du Centre semble frappé d'amnésie. Seuls des
cauchemards reccursifs les éveillent parfois la nuit hurlant,
couverts de sueur. L'absence d'un seul récit cohérent
même chuchoté à mi-voix laisse à penser que
pour une fois les gens ont l'air d'avoir vraiment oublié.
Pourtant comment ignorer les faits étranges qui se
déroulent désormais en ces lieux? Certains jours il semble
que le batiment devienne désert. Les rares visiteurs osant
encore venir là disent avoir parcouru les couloirs silencieux de longues heures sans jamais rencontrer
quiconque. Certains disent même que cela vaut sans doute mieux
pour son propre salut. Seul le vent entrant par des ouvertures d'autant
plus mystérieuses que le bâtiment parait bien clos emet de
sinistres gémissements qui glacent le sang . Parfois des chuchotements s'échappent de
bureaux. Mais en ouvrant la porte: personne. Seuls des ordinateurs
semblent tourner dans un ronronement monotone, écho mélancolique aux
plaintes sourdes du vent.
A quelle obscure tache sont consacrées les
heures de fonctionement de ces appareils?. Personne ne semble le
savoir. Personne ne semble même s'en inquiéter. Si l'on ose
poser la question à l'un des prolétaires travaillant ici
son regard devient noir et soupçonneux incitant à la
prudence et à un repli politiquement correct vers des sujets de conversation moins
polémiques. Mais des bribes de conversations permettent de savoir
que se déroulent ici d'étranges réunions dans des
salles obscures. Certains disent n'y jamais avoir vu la moindre table ni
la moindre chaise. D'autres parlent de salles bien
équipées où un orateur invisible gronde ses ordres
tandis que les participants psalmodient de démoniaques et
lanscinants mantras de soumission. Parfois prévaudrait un
mystérieux silence monacal. Jamais le
moindre soupir ne le trouble. Jamais ne jaillit le moindre rire nerveux. De longues
heures les participants se regarderaient mutuellement attendant
l'apparition d'un sauveur qui ne vient pas. Tous se
révèlent incapables de dire où sont ces salles. Leur entrée parait-il change d'emplacements.
Il faut bien remarquer que l'une des ailes du bâtiment est
orientée en direction de la sainte victoire. Un esprit, peut
être faible, pourrait même voir dans les 2 autres ailes une
sinistre parabole recueillant les bruits de mystérieux
soubressauts de la montagne. Un curieux radar. Avons nous affaire aux
successeurs des guetteurs installés dans le rond magique de
l'Oppidum et du refuge Cézanne? Les moyens modernes
leur auront t ils permis de s'éloigner du sujet rendant plus
discrète leur observation? Existe t'il un autre endroit
correspondant à un éloignement de l'oppidum?
Peut-être, sans doute même, mais ce autre lieu
a su rester plus discret.
Le Centre lui-même aurait fait preuve de la même discrétion
s'il n'avait eu à subir la nuit de l'erreur 051. Les
initiés auront immédiatement compris que 051 c'est aussi 3
fois 17 et que 17 fournit immédiatement 8. Seuls les esprits
bassement matériélistes ignoreront donc l'angle droit.
Seuls les rêves permettent de retrouver le contenu de cette
funeste nuit.
Mais déjà dans certains milieux ces évènements commmencent à être
dissimulés sous une logorhée verbale
d'épithètes idéologiques dignes d'un intellectuel
tentant de cacher l'absence de toute idée, de tout bilan et de
toute solution.
Le personnel fut réquisissionné un soir pour affronter un risque d'infiltration d'eau, du à
la climatisation défectueuse, pouvant endommager gravement l'outil de travail.
La climatisation indispensable à Aix pour faire face aux
journéees les plus chaudes servait à la fois de chauffage
et de refroidisseur. Agréable à priori elle était
une source d'ennuis perpetuels dans le Centre. D'étranges
dysfonctionements intervenaient. Ainsi il lui arrivait de chauffer les
locaux en été ou bien de les refroidir en hiver.
Certains avaient émis
l'hypothèse d'un animal à sang chaud vivant dans le Centre
et désirant refroidir son corps en hiver pour mieux hiberner et
réchauffer ses membres avec le retour de l'été. Que
cet animal puisse ainsi agir sur la climatisation ne troublait pas tout
le monde.
Déjà ces problèmes étaient pour le
moins curieux en eux-mêmes. De plus ces sautes d'humeur de la climatisation arrivaient à atteindre
l'ensemble des circuits électriques du bâtiment. Le circuit
le plus frequement atteint était l'alarme. Il arrivait
ainsi que les sirènes invitent le personnel à fuir ce qui
au son devait être un gigantesque incendie. D'autre fois il
semblait que le bâtiment ait été pris d'assaut par
une foule de cambrioleurs attaquant par toutes les ouvertures possibles,
des plus grandes portes vitrées jusqu'au plus petit soupirail.
Une fois enclanchées il fallait attendre cinq minutes avant que
ces alarmes cessent. Pour cela il suffisait auparavant d'interrompre
momentanément la climatisation. Personne ne voyait le lien mais
ça suffisait.
Certains auguraient en ces évènements
d'autres raisons que de simples dysfonctionnements. A voix basse ils
évoquaient une souffrance du bâtiment tentant vainement de
prévenir les humains de l'existence d'une sombre menace
indicible. Mais la majorité du personnel vaquait innocemment aux
divers travaux inconsciente du danger.
Un autre circuit électrique semblait lui aussi entretenir
une relation trouble avec la climatisation. Garant de
l'intégrité électrique des ordinateurs l'onduleur
parfois tombait brutalement en panne. A priori un onduleur est
simplement une batterie permettant d'avoir le temps de prendre des
mesures de sauvegarde lors d'une coupure électrique. Cela
permettait 15 minutes de fonctionnement sans courant Mais
l'onduleur du Centre lui arrêtait brutalement toutes les machines
alors qu'il y avait du courant.
Ces manifestations venues d'un monde invisible étaient certes rares. Mais les sournoises relations que cela impliquait, les effrayantes conséquences pouvant résulter de l'existence même d'un complot à ce niveau tendaient à conforter l'idée d'une présence étrangère dans le Centre. Officiellement c'était toujours la climatisation qui était responsable de ces problèmes mais des voix s'élevaient murmurant leur crainte de sauriens aux dents acérées.
Ainsi en un tract expliqua que les travailleurs du Centre
esclaves du grand capital mais hérmétiques aux discours
convenus et bien-pensants et toujours prêt à
défendre l'argumentation centrale montant de la rue, sachant
déceler les non-dits d'affirmations qui empêchent de les
tenir pour vraies, car prennant en compte les niveaux historiques
malgré que le débat ait été truqué
par une idée sournoise et pour en dégonfler la baudruche
en attendant le moment où la révolte commencera
à gronder, évitant ainsi un sujet tabou glorifiant ainsi
un bel exemple de lutte des classes.
Entretenant cette idée qu'un être souterrain puisse
être en relation avec la climatisation, les canalisations des eaux
usées manifestaient un comportement étrange en se bouchant.
Nombreuses furent les interventions de l'équipement pour
réparer les canalisations de la route longeant le batiment.
Là aussi la solution passait parfois par une mise hors circuit du
climatiseur pour que l'eau s'évacue. En ces occasions une odeur sulfurée se
répendait dans le batiment et les écoulements suintant des
parois les coloraient d'un jaune saumatre qui imprégna tant les
murs qu'on finit par croire que c'était leur couleur originelle.
Poliment les visiteurs évitaient d'aborder les gouts
ésthétiques de ces informaticiens qui adoraient vivre
dans un milieu évoquant la décomposition de moisissure
jaunâtres.
Plus grave encore parfois c'etait le fonctionnement même des
programmes qui était altéré. Certes l'utilisation
du démoniaque logiciel ÇACE expliquait en partie les
manifestations aléatoires de comportements hératiques
illogiques de certains algorithmes. Mais ÇACE se contentait en
général de planter ou de fournir des résultats
tellement faux que l'on finissait par se rendre compte du
problème. Cela concernait la plupart des résultats mais
avec de la patience on en venait à bout en modifiant les
programmes. Ces derniers étaient ainsi de plus en plus
illisibles, la majorité des instructions ne servant qu'à
corriger une erreur de fonctionement interne de ÇACE
L'introduction de ÇACE au Centre était d'ailleurs aussi le sujet de conversations à mi-voix entre collègues de travail dans des bureaux aprés avoir préalablement bien fermé portes et fenêtres. Ainsi les paroles échangées ne parviendraient pas à des oreilles étrangères pour ne pas dires étranges. Nul ne pouvait dire pourquoi ÇACE étati devenu le logiciel phare du Centre. La moindre utilisation permettait d'en voir les défauts sans autre besoin d'analyse. Et pourtant il avait été choisi. Mais personne ne semblait revendiquer la paternité de ce choix.
Quel méprisable salaire ont
reçu ceux qui ont signé ce pacte? Ont ils
été eux-mêmes trompés et errent-ils en des
lieux de souffrance dont nulle prière n'arrivera à les
soustraire? Sont-ils condamnés à éternellement
faire du ÇACE?. Devant l'horreur indicible d'un
châtiment aussi cruel, on ne peut qu'espérer en
l'existence de puissances magnanimes leur offrant sinon le pardon au
moins une issue pour échapper à leur triste sort.
Malgré tout le personnel se prennait à douter quand le
réseau lui-même tombait en panne. Officiellement
c'était là aussi à cause de la climatisation.
Partageant on ne sait quel infâme secret dévoilé
lors d'on ne sait quelle obscure cérémonie nocturne sur le
plateau de Bibemus, personne ne laissait échapper le
moindre mot pouvant mettre en lumière l'infernal complot.
Que cherchait à cacher cette machination?. La nuit de l'alerte
051 aurait pu être l'occasion de mettre tout à plat pour
qu'un commun effort soit fait mais certains
préférèrent garder jalousement pour eux les
effrayants savoirs maléfiques dont ils étaient les
dépositaires.
Il en résultat une attitude incohérente dans les
réactions.
Quand le 051 atteignit le premier ordinateur vers 0h30, l'utilisateur
crut bien entendu que c'était simplement ÇACE. Il
éteignit donc l'appareil et le ralluma. C'est le protocole
normatif efficacement adopté face à une erreur ÇACE.
Mais cette fois ce n'était pas ÇACE. C'était
l'erreur 051. Sous OSNT (Operating System Non Testé) il en
résultat immédiatement l'envoi simultané à
l'ensemble des postes de 2 ordres contradictoires leur demandant
si tout allait bien mais de considérer que tout allait mal. Pour
y répondre chaque machine devait donc interroger toutes les
autres machines pour faire un bilan objectif de la situation. Ce type de problème classique sous OSNT laisse
la machine en état de marche en mode dégradé (2
à 3 % de la puissance habituelle). Il suffit donc de ne pas en
tenir compte et de patienter deux ou trois heures pour retrouver une
machine à peu près normale. Mais pour cela les
machines doivent échanger les indispensables messages de
coordination inutiles à priori mais indispensable ici pour
retrouver un semblant de cohérence. Si en cours on eteint
brutalement l'une d'entre elle, pendant l'échange d'informations, cela conduit
à une instabilité générale du
système.
C'était donc le cas. La pagaille fut épouvantable,
Sur les moniteurs se fut une succession inninterompue d'écrans
bleus, de freecells, de message vides, et des différentes
boîtes de messages d'OSNT ou de ÇACE:
"veuillez réinitialiser votre init"
"Vous utilisez une version piratée toutes les données vont
être effacées"
"Erreur de calcul"
"Le disque dur est plein. Reformatage en cours"
"Killroy was here"
"L'opération s'est bien déroulée. Avertissez
l'administrateur système"
"Veuillez remplacer la dll"
"Put the scrollwater on the sbalyrow and recobalt the percolator"
Tout cela n'aurait mis qu'une joyeuse animation si tous les
informaticiens avaient scrupuleuseusement observé le protocole 11
de la version 5.4.3 du Cahier des Charges De la
Sécurité daté de juillet 1991 pour résoudre
le problème:
1) aller boire un café
2) attendre un petit quart d'heure
3) revenir.
4) Si ok fin de procédure sinon 1) ou 2) suivant avis médical
Hélas un informaticien proche de la retraite utilisa un
protocole antique depuis longtemps dépassé. Il balanca une
claque sur l'unité centrale en même temps qu'un coup de
pied dans le mur tout en hurlant un juron (ce dernier était
à libre disposition dans le protocole. Dans les temps anciens les
protocoles étaient moins finement analysés qu'aujourd'hui.
Ceci peut paraître du bricolage mais conservons un souvenir
respectueux des anciens qui ont du tout inventé et ont su ouvrir
la voie).
Evidemment c'est ce qu'il ne fallait surtout pas faire.
La multiprise encastrée dans le mur permettant de connecter les
2 ordinateurs de sa table de travail au réseau se brisa.
Le message en cours d'envoi confirmant que tout allait bien ne fut pas
envoyé. Le message comme quoi tout allait mal fut tronqué.
Le serveur conclut à une indécente tentative de
pénétration contre nature basée sur une imitation
incestueuse du comportement guignolesque d'OSNT.
Les sirènes se mirent donc à hurler. En même temps
retentit un hurlement visiblement issu d'un orgasme précoce.
L'interprétation de la cause de ce cri est d'ailleurs sujet
à contreverse. S'agissait-il en fait d'un hurlement
hystérique d'effroi? Sagissait-il d'une occupation insolite des
bureaux à des fins autres que le travail? ou bien quelqu'un
participait-il pendant ses heures de travail à des
jeux radiophoniques et venait-il d'apprendre qu'il venait de
gagner 118 euros?. Cette dernière hypothèse ne faisait
pas rire du tout et habillait le visage de ceux qui l'évoquaient du masque
hideux de la jalousie.
Les témoins des appareils de surveillance clignotèrent signalant la présence d'inconnus.
Le système de sécurité n'arriva pas à
décider si le batiment était en flammes ou s'il
était l'objet d'une tentative de vol par effraction. Dans le
doute il ouvrit et ferma des portes sans interruption. Comme on
était en plein été les climatiseurs se mirent
à souffler un air brulant (85 degres indiquait un
thermomètre avant d'exploser). Tous les lavabos et cuvettes de
sanitaires se mirent à régurgiter une infecte pate
verdatre visqueuse et bouillonante. Sur cet immonde limon semblaient se
developper des filaments rouge sang que l'esprit hésitait
à interpréter comme poils ou champignons. En tout cas pas
question d'y toucher, leur seule vue révulsait l'estomac.
Le réseau tomba
Le message avertissant que le réseau était tombé
tourna en rond sur le même ordinateur jusqu'à ce que ce
dernier rende l'âme en ejectant son cdrom dans un bruit atroce,
mélange incohérent entre un monstrueux rot et le
sifflement d'une locomotive emballée.
Réveillés en sursaut par le vacarme quelques
informaticiens ajoutèrent à la confusion. En colère ils exigèrent de
savoir ce qui se passait arguant qu'en 35 ans de présence dans
un centre informatique, jamais on n'avait osé les traiter ainsi.
Dans le cadre du projet PEAO (prévisions économiques assistées par
ordinateur) d'autres qui interprétaient les points lumineux
obtenus sur l'écran en tirant les cartes vidéo à
la main ne furent pas électrocutés. Seule leur chevelure
fut teintée de plusieurs couleurs avec toutefois une dominante
bleue montrant qu'ils avaient du travailler avec du matériel
déclassé.
Sans doute avec de bonnes intentions pour mettre un terme à cet
état de panique un individu, qui n'a jamais avoué, crut
bon d'appuyer sur le bouton d'arrêt forcé de l'onduleur.
Le temps sembla s'arreter ...
Puis toutes les lumièrers s'éteignirent. La ville d'Aix
fut plongée dans le noir, la région fut plongée
dans le noir. Les départements limitrophes et une partie de
l'Italie furent plongés dans le noir. Par contre les ordinateurs
continuèrent de fonctionner. Même les appareils eteints se
rallumèrent. Visiblement surralimentés les ventilateurs des ordinateurs se
mirent à hurler tels des stukas en piqué. Ils déclanchèrent un vent violent qui fit tourbillonner
tous les objets. Des éclairs fusaient d'un ordinateur à l'autre.
L'horrible pate émise par les canalisations se vaporisa en
un nuage fluorescent qui pénétrait tous les
interstices tant humains que matériels. En espirant d'horribles
buées rougeatres sortaient des bouches et des narines.
Le personnel se réfugia au rez de chaussée dans le hall
d'entrée dépourvu d'ordinateur. Seul un moniteur
vidéo transmettait les images de la poubelle installée
à l'extérieur. La présence de cette caméra
de surveillance étonnait parfois les visiteurs mais ces derniers
ignorent que les poubelles informatiques récélent bien des
secrets vendables à des puissances ennemies. Mais à son
habitude la poubelle resta immobile. Personne ne profita de l'occasion
pour tenter de l'enlever. Les éventuels kinapteurs devaient la
savoir surveillée et n'ignoraient sans doute pas qu'elle ne
pourrait aller trés vite avec ces petites roues. Et peut
être bien qu'à l'extérieur étaient-ils
paralysés par la terreur à l'idée de se trouver
confronter au phénomène.
Toutes les portes électriques refusaient désormais de
s'ouvrir. Le personnel semblait pris dans un filet. Qui était le
pécheur? La lune, dernier luminaire de cette scène
d'apocalypse, decoupa à travers les baies vitrees de
l'entrée l'ombre d'une tête inhumaine. Ombre dotée
d'une machoire de carnassier sanguinaire et surmontée de cornes
Cette ombre se fondit dans la nuit.
A l'étage on entendit une voix féminine hurler "Non! je
ne veux...". Le dernier mot fut couvert par le bruit d'une noix qu'on
casse. Une noix qui aurait eu la taille d'une voiture à en juger
le bruit. Le silence se fit. Puis le bruit d'une démarche
pesante, suintante , sifflante se developpa. Quelque chose allait
descendre l'escalier. Le personel se émit à l'unisson un
effrayant hurlement.... Mélé d'angoisse et de connaissance
de ce qui allait advenir.
Le bâtiment entier se mis à emmettre une pulsation
alternant un vert fluorescent à des oranges caca sanglant d'oie
surmonté d'un halo de sombres bleus. Ce mélange n'allait
pas sans rapeller la page de garde du serveur web de la
société. De quoi abattre encore plus le moral
des.services de sécurité accourus dés la
première alerte mais qui préférèrent rester
à distance. La mise en quarantaine absolue du bâtiment
et des éventuels occupants survivant fut vite prononcée.
Ne pouvant prendre le risque de laisser courir dans la nature une
créature inconnue quelques mitrailleuses furent hativement
installées pour pouvoir faire face à d'éventuelles
tentatives de sorties. Par mesure de précaution on fit
décoller quelques avions de chasse armés des plus
puissants missiles des bases aérienes avoisinantes.
Le pilote d'un avion qui atterrisait à ce moment sur le
petit aéroport des Milles, raconta, visiblement en
état de choc, une version encore plus inquiétante du
phénomène. Vu du ciel le batiment semblait être une
flèche pointant vers la Sainte. Regardant dans cette direction
le pilote vit au dessus de la croix un gigantesque nuage rouge sombre
pulsant au même rythme que le bâtiment. Ce nuage semblait
émis par un volcan qui aurait remplacé la sainte. En
même temps il lui semblait entendre les premieres mesures de
Creeping Death d'Apocalypta indécemment mélangées
.au métronome de "Porque te Vas" tandis que bizarement une voix
ennonçait les paroles de tre.
"Son ghjuti errano tre un frattello, un ombra , un re (ils sont venus, ils étaient trois, un moine, un fantome, un
roi.)"
C'est ce mélange musical qui avait le plus choqué le
malheureux. Heureusement qu'il n'avait du en même temps contempler
le site Web du Centre. Le choc mental aurait sans doute
été définitif et son atterrissage dans la nuit
noire une catastrophe. Jamais son témoignage n'aurait pu nous
parvenir.
Brutalement une voix coléreuse énonça: "La
rivière empoisonnée aux eaux limpides ne pourra être traversée par les
épées et les piolets au gué des ossements
ancestraux de ceux qui furent que lorsque s'y mélera le sang des vierges coupables".
Pleine de craintes une autre voix répondit: "Pardonne -moi".
Brutalement dans le Centre tout se figea. Brutalement la lumière
revint. Brutalement personne n'eut plus aucun souvenir de tout ceci.
Tout le monde semblait intact.
Seuls d'atroces cauchemards ravivent les faits certaines nuits chaudes
et permettent de retrouver quelque bribes de vérité.
Bouillants, couverts d'une sueur glaciale à leur réveil certains des malheureux
arrivent à murmurer des portions de souvenirs de la nuit
051. Puis oublient.
Pourtant aucune reminescence de l'arrêt. Fut ce aussi simple ?
Aucun indice ne permet de le dire.
Qui a interrompu le réveil? Le réveil de qui?
Sera t'il encore là lors de l'entrée dans le
prochain cauchemard?